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Pour la sixième saison consécutive, Habaquq
et Cie crée l'occasion d'échanges étroits
entre amateurs et professionnels. Il s'agit de travailler en
proche collaboration avec différents professionnels
du métier, de partager une vie de troupe, de transmettre
les techniques et les outils de l'acteur, et de vivre de vraies
expériences artistiques. Les intervenants varient mais
placent tous au coeur de leur travail la liberté, l'ancrage
dans le texte et la mise en valeur des personnalités.

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Delphine Garczynska |
| Comédienne Metteur en scène,
formée à l’Ecole
du Théâtre National de Chaillot, elle joue
dans différentes compagnies et mélange les
styles : théâtre pour enfants (Et après,
La Fabrique des Petits Hasards), théâtre de
rue (Le sentier des contrebandiers, Les chambres d’amour,
Théâtre de l’Unité), théâtre
contemporain (Des Paillettes sur ma robe, d’après
Jean-Luc Lagarce) mise en scène Thomas Gornet, Cie
du Dagor), théâtre classique (DJ’55,
d’après Dom Juan de Molière, Habaquq
et cie). Elle signe sa première mise en scène
avec La Jeune Fille, le Diable et le moulin d’Olivier
Py, puis monte différents spectacles musicaux à partir
de contes de Grimm, et récemment Aubermémoires
d’après des récits de vie. Elle est
aussi l’auteur d’un monologue, L’Absente,
qu’elle interprète dans une mise en scène
de Jérémie Fabre (Cie Bal de Mots). Elle
anime des ateliers depuis 2001 pour adultes comme pour
enfants. Elle met en scène la troupe amateur d’Habaquq
depuis 2008 et monte Ivanov de Tchékhov et
Mises en bouches (poèmes). |
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Mireille Gicquelet |
Mireille Gicquelet arrive toujours là où on
ne l’attend pas. Cette femme active, vive, pleine
de ressources et d’énergie vient d’achever
une thèse de 1042 pages sur « la faute
aux conditions sociales ». Il faut bien avouer
que les joueurs de cartes ne piquent plus ni ne touchent
encore les cœurs. Cette plaidoirie explique en partie
les malheurs d’Anna, la femme délaissée
d’Ivanov. On y devine aussi le sens du rythme d’une
violoncelliste et l’engagement sans faille d’une
tragédienne fidèle.
Bien plus, Mireille nous conduit là où on ne s’y attendait
pas. Cette thèse ébauche un second tableau, plus actuel :
le passage de l’ombre à la lumière. Pagnol est à l’honneur
et la danse de la vie joyeuse et fantaisiste à l’affiche. D’ailleurs,
Mireille invite les esprits chagrins et les sceptiques à redécouvrir « cet
homme remarquable et avant-gardiste » que fut le grand Marcel.
Bien mieux que le gain d’une partie de cartes, Mireille, pardon, Arsule,
s’apprête donc à renaître sur une colline perchée
de Haute-Provence. L’héritage de Giono-Pagnol est un sacré regain ! |
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Matthieu TRIOLAIRE |
On ne sait plus si à l’école,
Matthieu Triolaire se familiarisa d’abord avec les
bancs et les tableaux de la classe ou en premier lieu avec
les scènes et les rideaux du théâtre.
Dans tous les cas, il s’agissait de pièces
au sein desquelles l’écolier-collégien-lycéen
forgea ses premières armes. Un passage par Avignon
en 1995 en marge du grand festival accéléra
la carrière de ce brillant étudiant.
Cette accélération le porta sur l’orbite mise-en-scène
de 2000 à 2002. D’Antigone d’Anouilh à Comédie
sur un quai de gare de Benchetrit en passant par les Palmes de Monsieur Schutz
de Fenwick, il n’en oubliait pas d’endosser ses habits de comédien,
une fois la pièce montée.
Après cette traversée du rideau, Matthieu amerrit sur la sphère « Cartoucherie
de Vincennes » et déposa à l’occasion ses valises
au théâtre de l’Épée de Bois. Il y resta quelques
mois pour jouer dans Torquemada de Diaz-Florian.
L’an dernier, Matthieu prit le parti de se sustenter chez Clément.
Reprendre des forces avant de préparer un nouveau grand coup pagnolesque
: débuter comme petit-fils de César et finir vieux briscard, tel
un Castel-Bénac qui aurait des contrats à gagner ou des pièces à revendre,
on ne sait plus… |
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Louise FRANJUS |
Louise Franjus est fille des planches.
La liste complète de ses aventures sur le radeau
des scènes méduserait. Voici, sans respecter
l’ordre –que Chronos nous pardonne !-
quelques-uns de ses exploits. À l’âge
de 10 ans, elle brûla ses premières planches
et les techniciens vinrent la féliciter dans sa
loge. Mais ce temps douillet ne dura qu’un temps.
Les scènes n’étaient pas toujours
sans danger et Louise se retrouva péripatéticienne
d’une trentaine d’années. Pour la
remettre sur le bon pied, on lui apprit le métier
de jeune domestique et la baptisa Noémie de Feydeau
dans On va faire la cocotte.
Cependant un coup de sonnette de ses maîtres trahit
ses fameux pieds, enfin non, ses chaussettes. Ses cothurnes,
en effet, refusèrent de se laisser lacer. Le tragique
destin d’Électre de Sophocle ressurgissait.
Un rôle ne nous marque-t-il pas pour la vie ?
Que se passa-t-il donc ? Tout simplement, Ce qui arriva
quand Nora quitta son mari, comme l’avait prédit
Elfriede Jelinek.
Enfin, il faudrait mentionner sa formation au cirque en
2001, ses durs labeurs sur des textes de Pinter et de Sarraute
et les longues heures de cours de théâtre.
En 2007, avec la compagnie « Souffler n’est
pas jouer », Louise remit le pied sur l’accélérateur
et les planchers devinrent du théâtre en voitures.
Toujours avec cette compagnie, Louise prépare ses
Noces, mais c’est un secret.
En attendant, les fiançailles sont habaququiennes
et Louise planche sur le rôle de Naïs au pays
de Pagnol. |
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Laurianne WACH |
Quel que soit le point d’observation
adopté,
Laurianne Wach ne se laisse pas appréhender si
facilement. Cette comédienne, dès le point
de départ, nous mène en bateau, même
si cela surprend. C’est qu’à la navigation
en pleine mer, Laurianne préfère gravir
les belles montagnes, à moins qu’il ne s’agisse
de mer de glace.
Comme une comédienne aguerrie, Laurianne joue donc sur les apparences.
Un des moteurs de ce jeu, c’est la contradiction qui mène tout droit
aux vrais-faux coups de gueule et à la provocation. C’est pourquoi,
au passage d’un col ou entre deux répliques, Laurianne conte : « Ne
remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain. » Cependant,
de son côté, elle prépare dès maintenant son avenir.
Laurianne consolide en effet ses bases, en particulier aux études théâtrales
de la Sorbonne nouvelle. Cette comédienne vivra du théâtre,
dans les coulisses et les méandres de la genèse d’un spectacle.
Elle y goûta avec plaisir en 2009 à la barbe de Brecht Bertolt dans
la résistible ascension d’Arturo Ui. Aujourd’hui, Laurianne
expérimente une autre face de la montagne théâtre : la vie
de troupe à la sauce Habaquq.
Plus profondément, le moteur –mieux, le point d’observation à privilégier-
c’est le goût de cette gourmande à observer la vie des autres.
Avec Marcel Pagnol, Laurianne va être servie. Cette fervente admiratrice
de Pagnol côtoie voire courtise dorénavant de célèbres
personnages : Castel-Bénac, Topaze, le boulanger et le chat. |
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François DURRANDE |
Dériver d’un bord et atterrir
sur l’autre
rive entrent dans les attributions d’un nageur. Marcher
au rythme d’un sac à dos sied à un
randonneur. Mais que retenir d’un joueur de planches ?
En clair, qui est François Durrande ?
C’est assurément un vieux grincheux, toqué, rouillé qui
répond à l’étrange nom de Tonton Chabel, victime d’Ivanov
le terrible.
Plus terrible encore fut sa condition d’ouvrier dans Grand’peur et
Misère du Troisième Reich. Il s’échinait à suivre
la cadence des répliques brechtiennes, sous l’œil attentif
d’une troupe, Habaquq et Compagnie. Un an plus tard, ce travailleur se
mua en professeur de philosophie de la Copropriété. Mais cet
intellectuel y fut chassé en pleine séance de sagesse galante.
Le prophète Jérémie l’envoya alors méditer à l’Abbaye
blanche les destins de Dom Juan et de Tartuffe. Le fruit de cette méditation
fut un questionnement sur les terres entourées d’eau, les nouvelles îles
dans On purge bébé et une réponse sur les eaux entourées
de terre, les lacs finlandais de Maître Puntila et son valet Matti.
Aujourd’hui, fort de ces expériences, ce visionnaire tente de réaliser,
avec d’autres compères utopistes, la cité parfaite sous l’égide
de l’Assemblée des femmes d’Aristophane.
Au même moment, Habaquq veille au grain. Avec la complicité de Marcel
Pagnol, cette troupe concocte une belle surprise à cet enraciné de
la colline, Panturle le solitaire : un Regain. N’est-ce-pas le rêve
de tout amateur ? |
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Didier BIZET |
Voici un comédien étrange.
Il se demande encore pourquoi on l’a embauché au
sein de la troupe Habaquq. Pour sa foi, celle dans le
théâtre ? Certes oui. Mais, plus profondément,
car c’est un comédien de talent, fruit d’un
apprentissage de cinq ans. Il aborda à cette époque
tous les théâtres de Molière à Ionesco,
en passant par Labiche, Orkeny, Pirandello, Obaldia… Ce
comédien s’est trempé à la
force de la poésie de Lafontaine et de Prévert.
Doté de ce bagage de récitant, il se joue
des faux rythmes, caresse les délicatesses d’un
texte et avance au son des répliques.
Didier Bizet, car il s’agit de lui, interpréta
en 2008 et 2009 Lébédev dans Ivanov de Tchekhov,
pièce mise en scène par Delphine Branger.
Comme Lébédev ou César dans Pagnol,
une grande joie de Didier est d’offrir un verre à ses
amis.
Avec ce pot-pourri pagnolesque, plus qu’un grand
verre, une bouteille est en jeu, voire pour César
et le vieux Marius jetée à la mer… Didier
saura-t-il aussi relever le défi de l’exigence
topazienne ? Tout ce talent bien acquis, profitera-t-il ? |
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Bruno Boucard |
Un mot ne suffirait pas à présenter
un homme, mais d’un bond, Bruno Boucard renverserait
cette contrainte. C’est qu’un jour, ce jeune
trentenaire reçut un appel du prophète
Jérémie : « Bruno, tu seras
passant ! » De ce jour, projeté sur
une scène, au son de l’oracle d’Habaquq,
ce passager furtif s’oublia. Maître Boucard
devint un autre, un habitant d’un nouvel espace
et un vivant du temps renouvelé, l’instant
présent.
Ce timide se révéla alors un génie que l’on devrait
statufier de son vivant. Il résista dans Grand’peur et Misère
du Troisième Reich et défia Malraux et Proust au sein de la Copropriété de
Jérémie Fabre. Pour le bonheur des mots, le lieutenant Bougrain
releva le défi, rétablit l’ordre des conjonctions et infligea
la discipline aux injonctions.
Ainsi, de l’homme de la femme qui balaie à l’honnête
Borkine, cicérone d’Ivanov, Bruno savoure.
Mieux, il jubile à l’idée de faire sienne les répliques
et expressions des personnages de Marcel. Bruno apprécie à tel
point Pagnol, qu’il en oublie de préparer son pain et de gronder
sa femme. Pour un peu, il en deviendrait bossu ! |
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Julie SÉEVAGEN |
Le choix de Julie Séevagen fut
radical. Elle désirait explorer les multiples
facettes des émotions, des sentiments, des aspirations,
des élans, bref de la vie. Pour répondre à cet
appel, Julie rejoignit la Compagnie Habaquq en 2004 et
s’engagea si fortement qu’elle en devint
présidente en 2007. Ainsi, depuis cette date,
son cœur bat au rythme de l’activité artistique.
La contrepartie, c’est le refus de l’artifice. Comme Sacha dans Ivanov, à ses
heures, Julie, tonitruante, s’exclame : « Non ! Ce
n’est pas ça, ce n’est pas ça, ce n’est pas ça ! » Le
théâtre représente en effet pour Julie « la plus
belle expression de la liberté » et on ne badine pas avec la
liberté, ni avec l’amour rajouterait Alfred. Elle se mérite !
Les rôles aussi ! Même ceux dont l’exigence intérieure
semblerait moins prégnante ou plus superficielle comme les étoiles
fatiguées dans la Copropriété, pièce de Jérémie
Fabre.
Aujourd’hui, le port est calme, la terre ne tangue pas encore autour de
la jolie Fanny. Mais attention la tempête intérieure gronde car
Marius risque de s’échapper… |
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Élie SALLERON |
Elie Salleron a commencé le théâtre
en 2008 dans le cours de Marie de Bailliencourt au centre
Daviel à Paris. C’est sous sa direction
qu’il joue dans Hamlet quelques mois plus tard.
Elie Salleron n’est pas seulement comédien,
activité qui fait chez lui office d’une simple
couverture bourgeoise masquant ses activités militaires.
En 1961, troublé par les turbulences des intellectuels
bourgeois de l’Europe de l’Est, il décide
de construire, à lui seul et à mains nues,
le mur de Berlin, afin de « pouvoir dormir tranquille ».
Après avoir été élu président
du monde, le comédien semble avoir trouvé un
passe temps idéal, mais très vite les Etats-Unis,
qui ont réalisé la menace, décident
de cacher le résultat au monde entier en prétendant
qu’en fait c’est un vélo quatre vitesses
qui a été élu.
Déçu, il se replie sur lui même et
invente une nouvelle planète. C’est au cours
de ce voyage mental qu’il rencontre Delphine Garczynski. « J’aime
beaucoup Pagnol ! » , lui lance t-il au
hasard, alors qu’il n’a jamais lu Pagnol, ni
Lénine d’ailleurs. Chance inouïe, la
metteur en scène a comme projet de monter une pièce
autour des œuvres de l’auteur. « Je
l’ai engagé sans réfléchir » avouera-t-elle
par la suite. Des enquêteurs portugais mènent
l'enquête. Normal, c'est leur boulot. |
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