troupeamateur2010

 








Pour la sixième saison consécutive, Habaquq et Cie crée l'occasion d'échanges étroits entre amateurs et professionnels. Il s'agit de travailler en proche collaboration avec différents professionnels du métier, de partager une vie de troupe, de transmettre les techniques et les outils de l'acteur, et de vivre de vraies expériences artistiques. Les intervenants varient mais placent tous au coeur de leur travail la liberté, l'ancrage dans le texte et la mise en valeur des personnalités.

equipe amateur

habaquq

 

 

 

 

Delphine Garczynska

Comédienne Metteur en scène, formée à l’Ecole du Théâtre National de Chaillot, elle joue dans différentes compagnies et mélange les styles : théâtre pour enfants (Et après, La Fabrique des Petits Hasards), théâtre de rue (Le sentier des contrebandiers, Les chambres d’amour, Théâtre de l’Unité), théâtre contemporain (Des Paillettes sur ma robe, d’après Jean-Luc Lagarce) mise en scène Thomas Gornet, Cie du Dagor), théâtre classique (DJ’55, d’après Dom Juan de Molière, Habaquq et cie). Elle signe sa première mise en scène avec La Jeune Fille, le Diable et le moulin d’Olivier Py, puis monte différents spectacles musicaux à partir de contes de Grimm, et récemment Aubermémoires d’après des récits de vie. Elle est aussi l’auteur d’un monologue, L’Absente, qu’elle interprète dans une mise en scène de Jérémie Fabre (Cie Bal de Mots). Elle anime des ateliers depuis 2001 pour adultes comme pour enfants. Elle met en scène la troupe amateur d’Habaquq depuis 2008 et monte Ivanov de Tchékhov et Mises en bouches (poèmes).

mireille

 

 

 

 

 

 

Mireille Gicquelet

Mireille Gicquelet arrive toujours là où on ne l’attend pas. Cette femme active, vive, pleine de ressources et d’énergie vient d’achever une thèse de 1042 pages sur « la faute aux conditions sociales ». Il faut bien avouer que les joueurs de cartes ne piquent plus ni ne touchent encore les cœurs. Cette plaidoirie explique en partie les malheurs d’Anna, la femme délaissée d’Ivanov. On y devine aussi le sens du rythme d’une violoncelliste et l’engagement sans faille d’une tragédienne fidèle.
Bien plus, Mireille nous conduit là où on ne s’y attendait pas. Cette thèse ébauche un second tableau, plus actuel : le passage de l’ombre à la lumière. Pagnol est à l’honneur et la danse de la vie joyeuse et fantaisiste à l’affiche. D’ailleurs, Mireille invite les esprits chagrins et les sceptiques à redécouvrir « cet homme remarquable et avant-gardiste » que fut le grand Marcel.
Bien mieux que le gain d’une partie de cartes, Mireille, pardon, Arsule, s’apprête donc à renaître sur une colline perchée de Haute-Provence. L’héritage de Giono-Pagnol est un sacré regain !

matthieu troupe amateur

 

 

 

 

 

Matthieu TRIOLAIRE

On ne sait plus si à l’école, Matthieu Triolaire se familiarisa d’abord avec les bancs et les tableaux de la classe ou en premier lieu avec les scènes et les rideaux du théâtre. Dans tous les cas, il s’agissait de pièces au sein desquelles l’écolier-collégien-lycéen forgea ses premières armes. Un passage par Avignon en 1995 en marge du grand festival accéléra la carrière de ce brillant étudiant.
Cette accélération le porta sur l’orbite mise-en-scène de 2000 à 2002. D’Antigone d’Anouilh à Comédie sur un quai de gare de Benchetrit en passant par les Palmes de Monsieur Schutz de Fenwick, il n’en oubliait pas d’endosser ses habits de comédien, une fois la pièce montée.
Après cette traversée du rideau, Matthieu amerrit sur la sphère « Cartoucherie de Vincennes » et déposa à l’occasion ses valises au théâtre de l’Épée de Bois. Il y resta quelques mois pour jouer dans Torquemada de Diaz-Florian.
L’an dernier, Matthieu prit le parti de se sustenter chez Clément. Reprendre des forces avant de préparer un nouveau grand coup pagnolesque : débuter comme petit-fils de César et finir vieux briscard, tel un Castel-Bénac qui aurait des contrats à gagner ou des pièces à revendre, on ne sait plus…

louise troupe amateur

 

 

 

 

 

 

Louise FRANJUS

Louise Franjus est fille des planches. La liste complète de ses aventures sur le radeau des scènes méduserait. Voici, sans respecter l’ordre –que Chronos nous pardonne !- quelques-uns de ses exploits. À l’âge de 10 ans, elle brûla ses premières planches et les techniciens vinrent la féliciter dans sa loge. Mais ce temps douillet ne dura qu’un temps. Les scènes n’étaient pas toujours sans danger et Louise se retrouva péripatéticienne d’une trentaine d’années. Pour la remettre sur le bon pied, on lui apprit le métier de jeune domestique et la baptisa Noémie de Feydeau dans On va faire la cocotte.
Cependant un coup de sonnette de ses maîtres trahit ses fameux pieds, enfin non, ses chaussettes. Ses cothurnes, en effet, refusèrent de se laisser lacer. Le tragique destin d’Électre de Sophocle ressurgissait. Un rôle ne nous marque-t-il pas pour la vie ? Que se passa-t-il donc ? Tout simplement, Ce qui arriva quand Nora quitta son mari, comme l’avait prédit Elfriede Jelinek.
Enfin, il faudrait mentionner sa formation au cirque en 2001, ses durs labeurs sur des textes de Pinter et de Sarraute et les longues heures de cours de théâtre. En 2007, avec la compagnie « Souffler n’est pas jouer », Louise remit le pied sur l’accélérateur et les planchers devinrent du théâtre en voitures. Toujours avec cette compagnie, Louise prépare ses Noces, mais c’est un secret.
En attendant, les fiançailles sont habaququiennes et Louise planche sur le rôle de Naïs au pays de Pagnol.


laurianne Laurianne WACH

Quel que soit le point d’observation adopté, Laurianne Wach ne se laisse pas appréhender si facilement. Cette comédienne, dès le point de départ, nous mène en bateau, même si cela surprend. C’est qu’à la navigation en pleine mer, Laurianne préfère gravir les belles montagnes, à moins qu’il ne s’agisse de mer de glace.
Comme une comédienne aguerrie, Laurianne joue donc sur les apparences. Un des moteurs de ce jeu, c’est la contradiction qui mène tout droit aux vrais-faux coups de gueule et à la provocation. C’est pourquoi, au passage d’un col ou entre deux répliques, Laurianne conte : « Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain. » Cependant, de son côté, elle prépare dès maintenant son avenir.
Laurianne consolide en effet ses bases, en particulier aux études théâtrales de la Sorbonne nouvelle. Cette comédienne vivra du théâtre, dans les coulisses et les méandres de la genèse d’un spectacle. Elle y goûta avec plaisir en 2009 à la barbe de Brecht Bertolt dans la résistible ascension d’Arturo Ui. Aujourd’hui, Laurianne expérimente une autre face de la montagne théâtre : la vie de troupe à la sauce Habaquq.
Plus profondément, le moteur –mieux, le point d’observation à privilégier- c’est le goût de cette gourmande à observer la vie des autres. Avec Marcel Pagnol, Laurianne va être servie. Cette fervente admiratrice de Pagnol côtoie voire courtise dorénavant de célèbres personnages : Castel-Bénac, Topaze, le boulanger et le chat.


francois troupe amateur

 

 

 

 

 

 

François DURRANDE

Dériver d’un bord et atterrir sur l’autre rive entrent dans les attributions d’un nageur. Marcher au rythme d’un sac à dos sied à un randonneur. Mais que retenir d’un joueur de planches ? En clair, qui est François Durrande ?
C’est assurément un vieux grincheux, toqué, rouillé qui répond à l’étrange nom de Tonton Chabel, victime d’Ivanov le terrible.
Plus terrible encore fut sa condition d’ouvrier dans Grand’peur et Misère du Troisième Reich. Il s’échinait à suivre la cadence des répliques brechtiennes, sous l’œil attentif d’une troupe, Habaquq et Compagnie. Un an plus tard, ce travailleur se mua en professeur de philosophie de la Copropriété. Mais cet intellectuel y fut chassé en pleine séance de sagesse galante.
Le prophète Jérémie l’envoya alors méditer à l’Abbaye blanche les destins de Dom Juan et de Tartuffe. Le fruit de cette méditation fut un questionnement sur les terres entourées d’eau, les nouvelles îles dans On purge bébé et une réponse sur les eaux entourées de terre, les lacs finlandais de Maître Puntila et son valet Matti.
Aujourd’hui, fort de ces expériences, ce visionnaire tente de réaliser, avec d’autres compères utopistes, la cité parfaite sous l’égide de l’Assemblée des femmes d’Aristophane.
Au même moment, Habaquq veille au grain. Avec la complicité de Marcel Pagnol, cette troupe concocte une belle surprise à cet enraciné de la colline, Panturle le solitaire : un Regain. N’est-ce-pas le rêve de tout amateur ?

didier troupe amateur

 

 

 

 

 

 

Didier BIZET

Voici un comédien étrange. Il se demande encore pourquoi on l’a embauché au sein de la troupe Habaquq. Pour sa foi, celle dans le théâtre ? Certes oui. Mais, plus profondément, car c’est un comédien de talent, fruit d’un apprentissage de cinq ans. Il aborda à cette époque tous les théâtres de Molière à Ionesco, en passant par Labiche, Orkeny, Pirandello, Obaldia… Ce comédien s’est trempé à la force de la poésie de Lafontaine et de Prévert. Doté de ce bagage de récitant, il se joue des faux rythmes, caresse les délicatesses d’un texte et avance au son des répliques.
Didier Bizet, car il s’agit de lui, interpréta en 2008 et 2009 Lébédev dans Ivanov de Tchekhov, pièce mise en scène par Delphine Branger. Comme Lébédev ou César dans Pagnol, une grande joie de Didier est d’offrir un verre à ses amis.
Avec ce pot-pourri pagnolesque, plus qu’un grand verre, une bouteille est en jeu, voire pour César et le vieux Marius jetée à la mer… Didier saura-t-il aussi relever le défi de l’exigence topazienne ? Tout ce talent bien acquis, profitera-t-il ?


bruno troupe amateur

 

 

 

 

 

 

Bruno Boucard

Un mot ne suffirait pas à présenter un homme, mais d’un bond, Bruno Boucard renverserait cette contrainte. C’est qu’un jour, ce jeune trentenaire reçut un appel du prophète Jérémie : « Bruno, tu seras passant ! » De ce jour, projeté sur une scène, au son de l’oracle d’Habaquq, ce passager furtif s’oublia. Maître Boucard devint un autre, un habitant d’un nouvel espace et un vivant du temps renouvelé, l’instant présent.
Ce timide se révéla alors un génie que l’on devrait statufier de son vivant. Il résista dans Grand’peur et Misère du Troisième Reich et défia Malraux et Proust au sein de la Copropriété de Jérémie Fabre. Pour le bonheur des mots, le lieutenant Bougrain releva le défi, rétablit l’ordre des conjonctions et infligea la discipline aux injonctions.
Ainsi, de l’homme de la femme qui balaie à l’honnête Borkine, cicérone d’Ivanov, Bruno savoure.
Mieux, il jubile à l’idée de faire sienne les répliques et expressions des personnages de Marcel. Bruno apprécie à tel point Pagnol, qu’il en oublie de préparer son pain et de gronder sa femme. Pour un peu, il en deviendrait bossu !


julie troupe amateur

 

 

 

 

 

 

Julie SÉEVAGEN

Le choix de Julie Séevagen fut radical. Elle désirait explorer les multiples facettes des émotions, des sentiments, des aspirations, des élans, bref de la vie. Pour répondre à cet appel, Julie rejoignit la Compagnie Habaquq en 2004 et s’engagea si fortement qu’elle en devint présidente en 2007. Ainsi, depuis cette date, son cœur bat au rythme de l’activité artistique.
La contrepartie, c’est le refus de l’artifice. Comme Sacha dans Ivanov, à ses heures, Julie, tonitruante, s’exclame : « Non ! Ce n’est pas ça, ce n’est pas ça, ce n’est pas ça ! » Le théâtre représente en effet pour Julie « la plus belle expression de la liberté » et on ne badine pas avec la liberté, ni avec l’amour rajouterait Alfred. Elle se mérite !
Les rôles aussi ! Même ceux dont l’exigence intérieure semblerait moins prégnante ou plus superficielle comme les étoiles fatiguées dans la Copropriété, pièce de Jérémie Fabre.
Aujourd’hui, le port est calme, la terre ne tangue pas encore autour de la jolie Fanny. Mais attention la tempête intérieure gronde car Marius risque de s’échapper…


elie troupe amateur

 

 

 

 

 

 

Élie SALLERON

Elie Salleron a commencé le théâtre en 2008 dans le cours de Marie de Bailliencourt au centre Daviel à Paris. C’est sous sa direction qu’il joue dans Hamlet quelques mois plus tard.
Elie Salleron n’est pas seulement comédien, activité qui fait chez lui office d’une simple couverture bourgeoise masquant ses activités militaires.
En 1961, troublé par les turbulences des intellectuels bourgeois de l’Europe de l’Est, il décide de construire, à lui seul et à mains nues, le mur de Berlin, afin de « pouvoir dormir tranquille ».
Après avoir été élu président du monde, le comédien semble avoir trouvé un passe temps idéal, mais très vite les Etats-Unis, qui ont réalisé la menace, décident de cacher le résultat au monde entier en prétendant qu’en fait c’est un vélo quatre vitesses qui a été élu.
Déçu, il se replie sur lui même et invente une nouvelle planète. C’est au cours de ce voyage mental qu’il rencontre Delphine Garczynski. « J’aime beaucoup Pagnol ! » , lui lance t-il au hasard, alors qu’il n’a jamais lu Pagnol, ni Lénine d’ailleurs. Chance inouïe, la metteur en scène a comme projet de monter une pièce autour des œuvres de l’auteur. « Je l’ai engagé sans réfléchir » avouera-t-elle par la suite. Des enquêteurs portugais mènent l'enquête. Normal, c'est leur boulot.