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Nous choisissons
de faire d’Alceste, de
Célimène et d’Arsinoé des jeunes gens
d’aujourd’hui. Leurs questionnements sur l’amour
et l’amitié, sur l’individu et sur la société rejoignent
les nôtres : soif dévorante d’absolu et de pureté pour
Alceste, intense désir de vivre pour Célimène,
insatiable besoin de plaire d’Arsinoé.
Dans un appartement qui
semble en réfection, au son d’une
basse électrique jouée live, les deux jeunes femmes
tentent de libérer Alceste de son obsession de pureté et
de sa conception possessive de l’amour. Il finit par rejeter
l’une et l’autre, se repliant sur lui-même et
sur son exigence narcissique. L’action réduite à son
minimum et le parti pris de concision laissent toute la place aux
acteurs et au texte, à sa force poétique et à sa
surprenante modernité psychologique.
M 70’ peut constituer un volet de notre diptyque Molière,
dont l’autre est Dj 55’ :
Dom Juan en 55 minutes
> Visitez la galerie photo
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le dossiers de présentation (PDF)
> M70'
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On parle de nous : OUEST FRANCE lundi 23 août
2010
Le festival ne laisse pas le public indifférent - Fougères

Éclectique, la programmation des Scènes déménagent
réserve de bonnes (et de moins bonnes) surprises. Nous
avons testé.
Samedi soir, première étape à la Maison de
Savigny pour le Concert à la carte (1), par la compagnie
fougeraise (et non rennaise comme l'indique le programme) Beholder
Théâtre, mis en scène par Eric Lepage. Le décor
est dépouillé à l'extrême. Entre une
dame de noir vêtue, aux chaussures rouges, dans le rôle
de Rash, l'unique personnage de la pièce. Ses phrases sont
hachurées, mécaniques et décrivent avec une
précision quasi-obsessionnelle les gestes quotidiens d'une
femme en souffrance, rongée par la solitude. Un univers
carré et ritualisé qui devient de plus en plus lourd,
inquiétant même. Jusqu'au geste ultime.
Pas très gai tout ça, et surtout pas très
grand public... On peut quand même saluer la performance
de la comédienne, bien investie dans un monologue ardu.
Pour le reste... c'est une histoire de goût.
La 2 e étape nous conduit à quelques centaines de
mètres de là, salle Raoul II où se joue M70,
pour Misanthrope 70 minutes, par Habaquq, une compagnie voisine
(Sourdeval). La pièce de Molière, revisitée
et surtout remise au goût du jour par des effets osés
(musique, arts graphiques et bâches en guise de décor),
déconcerte au début. Mais très vite, l'envie
de jouer des jeunes comédiens, leur fougue et surtout leur
bonne diction des alexandrins, transporte l'assistance. On entre
dans l'histoire et cela mérite vraiment le détour.
Ainsi vont les Scènes déménagent. Le public
est amené à prendre des risques et ne gagne pas à tous
les coups. Mais après tout, c'est aussi ça le charme
de ce mini-festival...
J-L.G.
(1) Encore programmé les 24 et 25, Maison de Savigny à 20
h 30.
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